UN(e)SECTE - Maxime Chattam

« Et si tous les insectes du monde se mettaient soudainement à communier entre eux ? À s'organiser ? »
« Un scorpion grimpait sur sa manche et des centaines de carapaces chitineuses s'agrippaient dans ses cheveux, envahissaient son sweat-shirt. Une de ces abonimations tentait de se faufiler dans le conduit de son oreille. [...] Ils la rongeaient tout doucement. Des milliers de coups de mandibules, et Kat sut qu'elle saignerait bientôt par tous les pores déchiquetés. »

26/04/2021

Sans aucun doute, dès le prologue, le lecteur doit choisir entre son dégoût pour les insectes et 500 pages qui vont démanger.

Si j'avais le choix a posteriori, je passerais au volume suivant de ma pile de romans en attente. Mes arguments tiendraient en trois axes.

Certes, le côté totalement dégueulasse de se faire bouffer ou détruire par des insectes est bien gore. Mais l'usage des mêmes insectes (une araignée et un scolopendre) dans deux scènes espacées de 300 pages démontre une mise en scène d'auteur plutôt qu'un documentaire d'entomologie.

L'héros du truc s'appelle Gore, Atticus de son prénom. Atticus Gore, rien que ce nom ressemble à une enseigne commerciale. On a aussi de la Mini Cooper, des hommes fins et charismatiques, des états d'âme profonds (« La notion d'égalité entre les êtres humains est absolument illusoire, un hochet qu'on agite pour les rassurer. ») On sent que l'auteur sait réunir tous les ingrédients pour un roman commercial.

Et puis bon, il y a quand même un scénario dans ce bouquin, non ? Mouais. Tu prends un type super-riche, tu lui donnes l'idée de détruire l'humanité pour la sauver d'elle-même, tu ajoutes plein d'ongles arrachés dans des cuves pleines de douleur, un flic et une détective privée pour faire le liant, et pour ma part il m'a fallu plus d'un mois pour en venir à bout, parce que je suis un tenace...

(ah oui : dès la page de garde, vous êtes prévenus que l'auteur écoute de la musique bien spéciale. On s'en fout un peu, mais ça donne une idée du côté lourd des références musicales qu'écoute le Gore tout au long de l'ouvrage...)


 

Jean-Christophe BURNEAU
par Jean-Christophe BURNEAU

Architecte du numérique le jour, geek la nuit et lecteur le reste du temps...