Canicule - Jane Harper
« En tout cas, cela faisait le bonheur des mouches bleues. Même si les trouvailles fraîches étaient inhabituelles ce jour-là. Plus petites, et à la chair plus lisse. Mais quelle importance ? Elles étaient comme les autres pour l'essentiel : yeux vitreux, plaies sanguinolentes.
Le cadavre de la clairière était le plus frais. Il fallut un peu plus de temps aux mouches pour découvrir les deux autres, à l'intérieur du corps de ferme, alors même que la porte d'entrée battait comme une invite. Celles qui s'aventurèrent après la trouvaille initiale, dans le couloir, furent récompensées par l'autre, dans la chambre à coucher cette fois. Celle-ci était plus petite, mais la concurrence était nettement moindre. »
09/02/2019

Kiewarra. Petite communauté rurale du sud-est de l'Australie. Écrasée par le soleil, terrassée par une sécheresse sans précédent.

La famille d'un fermier a été décimée à la Remington. Aaron Falk, qui a quitté le patelin il y a vingt ans, est pour ainsi dire sommé de revenir saluer les défunts. Alors, au cœur de cette tragédie viendront se tisser une disparition ancienne, des douleurs passées, des rancunes tenaces, des rancœurs à vif pour composer une histoire de rumeurs, de mensonges du quotidien, de vengeances et de peurs...

Très plaisant à lire, même dans ses références permanentes au passé, ce bouquin est également excellent dans son intrigue, qui parvient à nous sortir du chapeau un méchant qu'on n'avait pas vu venir... Et qui en profite pour conclure également cette histoire resurgie du passé –une conclusion pas bien jolie non plus...

Le commentaire suivant est très pertinent : « Canicule nous enlise dans une communauté aussi aride que la sécheresse qui l'accable. » (Paris Match). C'est exactement ça.

Alors oui, si vous passez devant, prenez-le !

Traduit de l'anglais (États-Unis) par Renaud Bombard


 

Jean-Christophe BURNEAU
par Jean-Christophe BURNEAU

Architecte du numérique le jour, geek la nuit et lecteur le reste du temps...