Peur de l'Ombre - Jean-François Delage
« Les cloches se remirent à sonner et la cathédrale se vida dans le calme.
– Encore un coup pour rien, commenta Nora à l'oreille de Franck. L'Ombre joue avec nos nerfs. Regarde les visages de nos collègues.
– Je vois, ils sont marqués par la fatigue. La plupart devraient être tranquillement chez eux en famille aujourd'hui. Nous ne tiendrons pas longtemps comme ça.
– Je suis d'accord. Nous sommes psychologiquement en état de siège. Nous subissons. C'est terrible, nous allons finir par craquer. Il faut reprendre l'initiative d'une façon ou d'une autre. »
29/04/2017

Prix VSD du polar 2014

Ce bouquin a réussi à me surprendre.

Le style m'a dérangé tout au long des 880 pages, et j'ai eu du mal à mettre des mots dessus : il me fait penser à une série télé, comparée à un long métrage. Un tas d'expressions toutes faites, de mots ou de locutions superflus, un manque de spontanéité dans les dialogues, c'est fade et lourd à la fois...

Et pourtant je suis resté accroché jusqu'au bout pour plusieurs raisons.

Tout d'abord, son thème est terriblement d'actualité, entre terrorisme islamique et vision progressiste du monde.

Ensuite, on s'attache vite à Nora et à Franck, parmi un nombre de personnages tel que l'auteur a été obligé d'en faire un récapitulatif en fin de bouquin pour se souvenir de qui est qui :)

Et surtout, l'intrigue tient bien le plancher. On en profite pour réviser les rôles respectifs de la DCRI et de la DGSE, on se projette en avion présidentiel dans les relations internationales et, bien sûr, on se roule un peu dans la boue et on prend un ou deux pains.

"Net, précis et addictif", a commenté Franck Thilliez , Président du jury : ouais, c'est à peu près ça...


 

Jean-Christophe BURNEAU
par Jean-Christophe BURNEAU

Architecte du numérique le jour, geek la nuit et lecteur le reste du temps...