Transparences - Ayerdhal
« Je vous attends depuis cinq minutes.
– Alors c'est que vous aviez cinq minutes d'avance.
Decaze se redresse, un petit sourire aux lèvres.
– Je voulais juste dire qu'on ne peut pas stationner ici trente secondes sans qu'ils envoient les chiens. Stephen retourne le sourire.
– Je voulais juste vous rendre le bonjour selon le même code. »
22/10/2016

Grand Prix de l'Imaginaire, Prix Polar Michel Lebrun

La première impression que j'ai eue en entamant ce bouquin, c'est "Boum". Un peu la sensation d'avoir tapé dans un bloc de béton. Ce qui m'a retenu et m'a donné envie de continuer à taper, c'est un savoureux mélange. Le style, tout d'abord : ça faisait longtemps que je n'avais pas trouvé autant de plaisir à lire de vraies phrases, avec des vrais grands mots, un rythme de phrasé qui s'enchaîne inexorablement jusqu'à la fin du chapitre, de l'ouvrage...

Les personnages aussi, à commencer par Ann X, suspecte d'environ un millier de meurtres et strictement insaisissable. Et Decaze, le flic qui lui court après. D'ailleurs, ceci est un interpolicier, puisqu'il bosse à Interpol, non ?

En plus, l'histoire est bien montée, ça prend forme petit à petit. Bien emmené, ça monte jusqu'à un moment où c'est peut-être un peu trop, et puis ça bascule vers la grande descente. À partir de là, les paris sont ouverts sur la fin. Il y a plusieurs options possibles, du gnangnan au choc émotionnel, et l'auteur a bien choisi sa dernière cabriole.

Pour saupoudrer tout ça, une forme de philosophie à trois balles fondée entre autre sur une haine farouche pour les syllogismes et un ton irrévérencieux achèvent de rendre ce bouquin très sympa à découvrir.


 

Jean-Christophe BURNEAU
par Jean-Christophe BURNEAU

Architecte du numérique le jour, geek la nuit et lecteur le reste du temps...