Vernon Subutex - Virginie Despentes
« [...] Si un type épouse une petite rebeue super mignonne, timide et rigolote et qu'elle le quitte du jour au lendemain pour prendre un pseudonyme russo-satanique et inonder le monde de doubles pénétrations glorieuses... ce type a le droit, plus tard, de soupçonner la gent féminine d'être capable de tout. »
04/07/2016

Tome 1

Prix des lecteurs sélection 2016, Prix Anaïs Nin 2015, Prix Landerneau 2015, Meilleur roman français du palmarès Lire 2015, Prix de la coupole 2015, Prix roman-news palmarès meilleurs livres du Point 2015.

J'ai pris l'habitude de citer un extrait marquant, ou pertinent, ou intéressant, des livres que je commente. Pour celui-ci, il aurait fallu que je recopie la moitié du bouquin... Il faut dire qu'il y en a pour tout le monde, pour tous les goûts : ça cogne sévère, et ça cogne au large. La trame est simple à lire, car on suit Vernon Subutex, ancien disquaire qui se fait expulser de chez lui et qui finit dans la rue. Au passage, il aura squatté chez une foule de gens, qui lui auront rappelé une foule d'autres gens. Et autant vous dire que personne n'est épargné dans ce bouquin. Putes, bikers, transsexuels et stars du porno, rois du show biz ou clodos, bobos et drogues à gogo, noirs et chinois dans le même sac, fachos, musulmans purs ou idéalistes politiques, tous les personnages sont peints au vitriol, comme en hommage à la mort d'Alex Bleach, crooner pour mémères qui payait le loyer de Vernon.

L'intrigue est on ne peut plus légère : Alex a laissé à Vernon une auto-interview que certains voudraient récupérer pour la monnayer. Voilà, c'est tout.

Le style est vraiment intéressant. Plus ou moins barré, c'est dynamique, moitié déjanté, j'ai adoré.

Ce que j'ai moins apprécié, c'est que ce bouquin ne sert à rien d'autre qu'à lire des mots, à s'immerger dans des transes sans but, à partager des instants éphémères sans jamais de conséquences. Faute d'histoire, la conclusion tarde même à venir, le dernier chapitre est une dernière bulle de délire maladif. Heureusement que je ne suis pas juré des prix précités...


 

Jean-Christophe BURNEAU
par Jean-Christophe BURNEAU

Architecte du numérique le jour, geek la nuit et lecteur le reste du temps...