16/07/2014

Pour diverses raisons, ce livre attend sagement son commentaire depuis quelques semaines. En m'y mettant, j'ai eu l'impression que je n'en avais guère retenu que l'histoire de ce photographe blessé à Sarajevo, sans guère d'intérêt. Et puis le thème m'est revenu. Les thèmes, en fait. Ah, si, après réflexion, ce bouquin a quelque chose à dire !

Il mélange en fait avec plus ou moins de bonheur deux thèmes principaux : l'immigration et les réseaux de prostitution d'une part, et une très sombre facette du crime organisé d'autre part. Il est un peu dommage d'avoir traité les deux sujets, car ils s'entrechoquent et limitent leurs portées mutuelles ; l'aspect "crime organisé" aurait presque mérité d'être traité seul...

Du coup, le roman s'assemble lentement autour de nombreux personnages disparates, dont je n'ai commencé à comprendre les liaisons qu'aux alentours de la page 250 (sur 424, ed. Seuil). L'inévitable flash-back sur la famille et la vie de Sébastien ajoute à la longueur sans apporter beaucoup au sujet.

Je me suis toutefois accroché, entre autre parce que le style est agréable, concis, efficace. Peu enlevé, peu dynamique, mais précis, objectif jusque dans les horreurs qu'il décrit, exactement ce qu'on pourrait attendre d'un reporter.

L'intrigue ne s'appuie que sur l'assemblage de ces faits rapportés dans la première moitié du bouquin, sans rebondissements notables, sans émotions particulières, au point que l'action de fin m'a parue tirée par les cheveux...

Si vous voulez savoir ce que sont devenus les snipers et autres mercenaires de Sarajevo, ce livre ouvre des pistes de réflexion...


 

Jean-Christophe BURNEAU
par Jean-Christophe BURNEAU

Architecte du numérique le jour, geek la nuit et lecteur le reste du temps...