Au-delà du mal - Shane Stevens
« Presque chaque femme qu'il croisait dans la rue, dans une salle, partout, éveillait son imagination et déclenchait une avalanche d'images dans sa tête. Des bouches sans visage, des seins désincarnés, des ventres ouverts, des viscères interminables, des foies, des reins, des cœurs, des chapelets de boyaux, des organes génitaux, des tas de muscles, des os et du sang partout, des bouts de chair découpés, des peaux blanchies par le soleil d'été, des membres sectionnés, des mains, des pieds, des bras, des jambes : le tout tournoyait dans son esprit embrumé, taraudant son âme enfiévrée. »
25/07/2017

Excellent.

En tout premier lieu, ce livre est particulièrement bien servi par un style dynamique, moderne et néanmoins soutenu, très agréable.

J'ai adoré la structure scénaristique : le lecteur découvre le dévoilement très tôt et sait donc précisément qui est le coupable. Et on a beau tenter très fort de leur dire où ils ont oublié de chercher, les enquêteurs passent les trois quarts du bouquin à fouiller à côté. C'est une position jubilatoire parce qu'on sait, bien sûr, qu'ils vont finir par trouver ; et quand ils y parviennent, c'est en exploitant un certain nombre de détails que, oui, on se souvient avoir lus mais dont, non, on n'avait pas vu l'importance. C'est vraiment bien monté, jusqu'à la dernière page où l'auteur retourne une dernière fois la situation de façon magistrale.

L'intrigue principale est particulièrement simple : juste un tueur en série é-nor-me –« remarquablement intelligent, méticuleux et amoral » nous indique la quatrième de couverture– qu'il faut traquer et retrouver. Personne ne lui laisse la moindre chance de survivre à son arrestation. Le hic, c'est qu'il est plus fort que la police, la presse et la mafia réunis...

En sous-œuvre, autour du thème de la peine de mort (qui était un thème majeur en 1973 aux US) et du Watergate, l'auteur a ajouté une histoire transversale purement politique qui à mon sens n'apporte rien au scénario, si ce n'est de parfaitement situer le contexte politique dans lequel s'inscrit l'enquête.

Un coup de cœur pour ce pavé de 890 pages qu'il est impossible de lâcher avant l'épilogue.

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Clément Baude


 

Jean-Christophe BURNEAU
par Jean-Christophe BURNEAU

Consultant indépendant en transformation numérique des entreprises le jour, geek la nuit et lecteur le reste du temps...